La uneRD Congo

RDC : Marche de protestation écrasée par la violence à Butembo

C’est par la violence que les autorités de Butembo ont répondu aux protestations organisées par la Société civile de Butembo contre l’insécurité croissante, occasionnée par des bandits, dont certains portent parfois une tenue de policier ou de militaire.

La Société civile, qui réclame la démission pour incapacité/manque de volonté d’agir des autorités administratives, policières, militaires et du service de renseignement, a organisé une série d’actions cette semaine pour obtenir le départ des personnalités visées.

Marche réprimée dans la violence

Lundi étaient prévues une « marche pacifique des étudiants » pour exiger la sécurité et le respect des cadres universitaires (certains ont été victimes d’attaques brutales ces derniers jours) et des « manifestations sporadiques de groupes de pression dans les rues » pour exiger le départ des autoritées honnies. Mais, dès 6h du matin, des étudiants ont dressé dans le quartier Furu une barricade de pneus enflammés bloquant la route nationale 2. « Une centaine de militaires et policiers », a indiqué à La Libre Afrique la Société civile de Butembo, ont attaqué les manifestants, blessant par balle un taximan et « torturant 8 jeunes avant de les arrêter ».

A l’Université catholique du Graben, la police a dispersé vers 9h un attroupement d’étudiants par gaz lacrymogènes. Vers 10h, dans le quartier Matanda, le président du Comité d’organisation des étudiants de Butembo, Patrick Yongo, a été atteint au ventre par balle; il est aux soins intensifs et son pronostic vital est engagé. Six autres étudiants sont également soignés à l’hôpital de Matanda pour des blessures.

Une quinzaine d’arrestations auraient été opérées (dont quatre commerçants qui observaient les heurts devant leur boutique de la rue Kinshasa) mais les activistes des droits de l’homme n’ont pu rendre viste aux détenus, indique la Société civile. Un journaliste de la radio/TV Victoire Horizon a été frappé.

Ville morte et protestation des commerçantes

Ce mardi, une journée « ville morte », sans véhicules ni motos, a été décrétée; elle semblait bien observée dans le centre-ville.

Mercredi, les associations de femmes (commerçantes, agricultrices, etc…) vont déposer des exemplaires de leurs produits au parquet de Butembo pour exiger la libération de 8 femmes arrêtées la semaine dernière pour avoir réclamé plus de diligence dans l’enquête sur l’enlèvement de deux religieux.

Jeudi est prévue une « journée sans radio à la maison » pour exiger le respect de la liberté d’information. Vendredi sera la « Journée avec papier et stylo »: il s’agira de jeter dans les locaux des communes et de la mairie de Butembo des papiers et stylos que les autorités sont invitées à utiliser pour présenter leur démission. Samedi, enfin, nouvelle journée sans véhicules.

Source
afrique.lalibre
Afficher plus

Articles Liés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur d'annonces