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Présidentielle 2017: la RDC suspendue au renouvellement du mandat de la Monusco


Ce devait être la première transition politique pacifique de l’histoire de la RDC depuis son indépendance. Mais aujourd’hui, la perspective d’organiser en 2017, une présidentielle sans Joseph Kabila après expiration de son mandat, semble se transformer en mirage. L’homme fort du Palais de la Nation joue la montre et louvoie face au panier de crabes d’une opposition hétéroclite. Le débat, le 29 mars prochain, sur les conditions et les moyens du renouvellement du mandat de la Monusco vient s’ajouter aux inconnues qui compliquent l’équation de l’alternance politique dans le pays.

L’issue du débat qui sera engagé, le 29 mars prochain au Conseil de Sécurité de l’ONU, sur le renouvellement et les conditions du maintien du mandat de la mission des nations unies au Congo (Monusco) sera décisive pour l’organisation de la présidentielle 2017 en RDC.

Les Etats-Unis veulent réduire, la France veut prolonger la Monusco

Dans les recommandations de son rapport rendu le 11 mars dernier, Antonio Guterres, le SG de l’ONU a plaidé pour le maintien des 19.000 soldats, observateurs de police et militaires qui constituent les effectifs de cette mission onusienne, la plus importante du monde.

Il a aussi recommandé la prorogation de son mandat pour une année et son renforcement par l’intégration de 320 policiers supplémentaires. Des effectifs souvent chargés de missions de sécurisation mais aussi de transport de matériel d’enrôlement des électeurs pour la tenue de la présidentielle d’ici la fin de l’année 2017.

Après la présentation du rapport, le conseil de sécurité a procédé, ce mardi 21 mars aux auditions des principaux acteurs de la crise. Mais le renouvellement du mandat de la Monusco est au centre d’une passe d’armes diplomatique entre la France et les Etats-Unis qui risque de plomber l’organisation d’ici la fin de l’année d’une présidentielle censée acter la transition politique en RDC.

L’administration Trump aux Etats-Unis -plus grand contributeur aux missions onusiennes de maintien de la paix- souhaite réduire son soutien financier et l’effectif des troupes, tous deux jugés coûteux. De quoi faire sursauter la France de son siège onusien, qui rappelle le « feu » qui couve.

« On ne peut pas jouer avec le feu s’agissant d’un enjeu aussi important pour cet immense pays au cœur de l’Afrique dont la stabilité est clé pour lui-même et pour l’ensemble de la région », s’alarme François Delattre, l’ambassadeur français à l’ONU.
L’issue du débat décisif pour la tenue (ou non) d’une présidentielle sans Kabila
Une réduction du financement et des effectifs pourrait directement avoir des conséquences sur la situation politique sur place. L’accord politique de la Saint-Sylvestre signé entre majorité et opposition, bute toujours sur l’« arrangement particulier» sur fonds de reports et de reprise des négociations initiées par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

« La persistance de cette situation risque de rendre obsolète l’accord du 31 décembre 2016 et donner l’occasion de reporter la tenue des élections présidentielles prévues en décembre 2017 voir d’en appeler à un référendum ou à une modification de la constitution », prévient Monseigneur Utembi, président de la CENCO.

Du côté du gouvernement, le bilan de la Monusco intéresse plus que ces préoccupations de la CENCO. Léonard She Okitundu, vice-premier ministre, Ministre des Affaires Etrangères de la RDC, plaide pour une reconduction de la mission onusienne mais dans le cadre d’un renforcement de la collaboration entre la Monusco et les forces armées congolaises ;

« Il est inadmissible, en effet, de constater que la mission de paix des Nations Unies, la plus importante au monde, se trouvant dans mon pays depuis environ deux décennies, ne soit pas en mesure, avec les moyens dont elle dispose, de parvenir à mettre un terme à une situation de crise qui perdure depuis plusieurs années », constate Léon She Okitunddu devant les 15 ambassadeurs du Conseil de sécurité.
Les débats du 29 mars, date à laquelle le Conseil de sécurité prendra sa décision de proroger (ou non !), de renforcer (ou non !), la Monusco, seront sans doute passés à la loupe. Le vote qui s’en suivra sera décisif pour sortir la RDC de la crise politique.

La Tribune

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