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Des « criminels » aux postes les plus élevés de l’État en RDC, selon Mukwege

by Redaction
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Le médecin congolais en campagne Denis Mukwege exhorte le gouvernement de son pays à faire davantage pour traduire les criminels de guerre en justice, alléguant que de nombreux délinquants occupent des postes de pouvoir et bloquent les enquêtes.

Mukwege, co-récipiendaire du prix Nobel de la paix en 2018, est le militant des droits humains le plus connu de la République démocratique du Congo.

Il s’est fait un nom en soignant les victimes de viol à l’hôpital Panzi de Bukavu, dans l’est du pays, déchiré par la guerre.

Le gynécologue et auteur de 66 ans, qui a fait face à de multiples tentatives d’assassinat, a longtemps soutenu l’idée d’un tribunal international pour le Congo pour juger les responsables de près de trois décennies d’atrocités et de guerre.

« Je dois être franc : je pense que nous pouvons faire mieux », a-t-il déclaré à l’AFP à Paris lorsqu’on lui a demandé si le gouvernement du président Félix Tshisekedi en faisait assez pour poursuivre les chefs de milices ou les commandants militaires responsables de massacres et de viols.

« Je ne vois pas comment on peut construire la paix sans justice », a-t-il ajouté.

« Il y a eu tellement de crimes, et malheureusement les criminels occupent des postes supérieurs dans l’armée, dans la police. Ils occupent aussi des postes politiques. Et le fait qu’ils occupent ces rôles signifie qu’ils font tout pour faire taire la vérité », a-t-il ajouté. il a dit.

Tshisekedi est arrivé au pouvoir en 2019 après des élections contestées, promettant d’éradiquer la corruption et de s’attaquer aux milices.

Il a succédé à Joseph Kabila, dont le règne de 18 ans a vu une tentative de mettre fin aux combats dans l’est en invitant des miliciens à rejoindre l’armée en échange du dépôt des armes.

Une enquête historique publiée en 2010 par les Nations Unies, connue sous le nom de Mapping Exercise Report, a trouvé des preuves d’abus qui pourraient constituer des crimes contre l’humanité au cours de la période 1993-2003.

Il pointait du doigt les groupes armés locaux, l’armée congolaise, ainsi que les soldats des voisins du Congo, surtout rwandais, qui ont joué un rôle clé dans les guerres du Congo de la fin des années 1990.

Dans une interview à l’AFP en mai, Tshisekedi a exhorté la communauté internationale à s’appuyer sur le rapport Mapping, « parce que nous avons besoin que justice soit rendue à nos victimes ».

La violence a ravagé le pays depuis le milieu des années 1990, alimentée par la concurrence pour les richesses minérales, forestières et en métaux précieux du pays, selon Mukwege et d’autres militants des droits humains.

La RDC et les forces armées ougandaises sont actuellement engagées dans une lutte contre l’un des groupes armés les plus meurtriers actuellement, les Forces démocratiques alliées (ADF).

Le groupe est blâmé pour des milliers de meurtres dans la province du Nord-Kivu et pour les récents attentats à la bombe en Ouganda.

– Aide française ? –

Mukwege, qui a rencontré mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, a appelé Paris à l’aider dans la lutte contre « l’impunité » des criminels de guerre dans son pays, une ancienne colonie belge.

« Nous pensons que l’implication de la France peut faire la différence : nous comptons sur la France pour faire avancer la question de la justice transitionnelle », a-t-il déclaré.

« La France connaît le Congo le mieux de tous les pays à l’exception de la Belgique, qui ne fait pas partie du Conseil de sécurité de l’ONU », a ajouté Mukwege.

Plusieurs chefs de guerre congolais ont été jugés et condamnés par la Cour pénale internationale de La Haye, mais la campagne de Mukwege pour un tribunal spécial pour son pays n’a jusqu’à présent pas réussi à gagner du terrain au niveau international.

Le dirigeant rwandais Paul Kagame, un proche allié occidental avec lequel le président français Emmanuel Macron a cherché à nouer des relations, nie que des crimes de guerre aient été commis par ses soldats au Congo.

Les efforts de Mukwege pour réclamer justice et sa condamnation catégorique des autorités congolaises, des milices, ainsi que des autorités rwandaises, signifient qu’il vit sous la protection de l’ONU dans son hôpital de la province du Sud-Kivu.

Redaction

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